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Articles du blog Self-retorik qui apportent une précision sur la conception du travail du clown en stage ou atelier.

LA « DARK SIDE » DU CLOWN

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LA « DARK SIDE » : LE DÉTONATEUR DU CLOWN

N’est-il pas formidable le clown calme et discret, qui ose, tout à coup, déployer sa colère avec joie et jubilation ? Et le clown gentil, posé qui peut enfin contredire quelqu’un et affirmer son point de vue ? Le timide qui dégage subitement une énergie audacieuse, une prétention légitime ? Le serviable qui trouve le courage de dire non ? Ou encore celui qui est toujours humble et qui laisse la place aux autres, n’est-ce pas sublime lorsqu’il affirme sa fierté et sa grandeur ? Et le pacifiste qui peut enfin faire jaillir sa férocité et l’esprit du guerrier qui sommeille en lui ? L’intellectuel qui s’autorise à parler crûment, sans détour, droit au but ? Le rebelle qui contredit tout le monde et qui finit par donner du pouvoir aux autres et faire des compliments ? L’ambitieux, le travailleur, qui laisse vivre une personnalité contemplative et s’autorise à profiter du moment présent ? Le généreux qui donne tout et se surprend à revendiquer son droit à la prospérité et au succès ?, etc.
Nous voyons bien que pour parvenir à un certain niveau de liberté en clown, il est nécessaire de donner la parole à son ombre, d’ouvrir avec douceur et bienveillance les portes de notre « dark side ». Si l’on trouve le courage de jouer avec ces parties de nous-mêmes si bien cachées, nous sortons du petit clown avec une petite voix, pour atteindre le grand clown, celui qui ose montrer la complexité de son être et surtout en jouer, en rire et dédramatiser. Le clown n’est pas un personnage, c’est une personnalité complexe et unique, en acte, qui utilise les parties dans l’ombre de son imaginaire comme détonateur. Et le public aime voir cela, il aime voir ses explosions de jubilation, ce plaisir dans les yeux du clown, cette sincérité, cette authenticité qui lui redonne espoir et confiance en la beauté de sa propre humanité loin de tout paraître.
Romain Yvos.
Self-retorik.com

Vidéos inspirantes :

Projecting Your Personal Shadow (TEDx) | Dr. Steve Mortenson : https://youtu.be/5udJgxOBrtk
The gift and power of emotional courage (TEDx) | Susan David : https://youtu.be/NDQ1Mi5I4rg
Devenir pleinement soi-même (TEDx) | Laurent Gounelle : https://youtu.be/NZXJ7zh3PJM
Jordan Peterson: How to Turn Your Dark Side into a Strength (en français) : https://youtu.be/fyoEXjknXJA

LE CLOWN NE DOIT PAS DEVENIR UN PERSONNAGE

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LE CLOWN NE DOIT PAS DEVENIR UN PERSONNAGE (titre inspiré de ce joli texte de Pippo Delbono)

« Le métier d’acteur peut devenir un métier absurde et il arrive parfois que les acteurs soient perdus, comme s’ils avaient oublié la nécessité d’utiliser leurs yeux et leur parole. Alors il émane d’eux comme une tristesse. Le métier d’acteur peut devenir dangereux, lorsque l’on perd la nécessité de trouver dans sa vie des choses plus profondes que des sentiments. Si un acteur ne travaille que sur des sentiments, lorsqu’il va dîner après le spectacle par exemple, il est, demeure, son personnage. C’est un risque pour lui dans son métier et dans sa vie, outre le fait que ce soit insupportable pour les autres. Un musicien ne risque pas de devenir une note, un peintre un paysage ou un sculpteur une statue, par contre quelqu’un qui fait du théâtre peut devenir son personnage et risquer de l’être à temps plein. Pour moi être acteur est un processus intime, humain et humble. Nous devons, comme tout un chacun, parcourir notre chemin vers la mort. Je ne peux pas me dissoudre dans moult personnages et attendre que la mort vienne comme ça, par surprise. Je cherche et je mets tout en œuvre dan ma vie afin d’avancer avec joie et beauté vers la mort. Chacun appréhende ses histoires a sa manière, mais personne ne devrait oublier que la vie se termine par la mort. Si je cherche dans ma vie une vérité, une sincérité pour être plus profond, alors mon travail d’acteur a un sens. Il devient nécessaire.
J’adore cette histoire que quelqu’un ma racontée : des psychanalystes ont étudié pourquoi les Touaregs dans le Sahara n’ont pas besoin de thérapie et d’antidépresseur. Ceux qui soignent les autres ont compris qu’il fallait être soi-même, passer au travers de moments douloureux et difficiles. Il me semble que cela devrait être de même pour les acteurs. Un acteur devrait dans sa vie, être en état de fragilité avec tous les risques que cela comporte. Un état qui fait de lui un guerrier qui combat en parfaite connaissance de ses actes, de ses gestes, sans haine. Je ne voudrais pas devenir un homme ou une femme de soixante-dix ans, dont on se rend compte, dès qu’il rentre dans un restaurant, que c’est un acteur. si l’on peut dire de quelqu’un qu’il est acteur, c’est qu’il a perdu sa dimension humaine et qu’il est devenu un personnage : un être spécial avec une certaine façon de rire, de bouger, de s’asseoir… dans ce cas-là, les acteurs deviennent des montres… (Le corps de l’acteur, Pippo Delbono, page 79-80)

Le clown ou l’art de fonder sa propre rhétorique

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Si l’on comparait la conception de l’écriture de l’écrivain Francis Ponge à celle du clown contemporain, on y trouverait plein de similitudes… Voici le passage du poème « Rhétorique » de Francis Ponge qui a inspiré le titre de ma compagnie:
C’est alors qu’enseigner l’art de résister aux paroles devient utile, l’art de ne dire que ce que l’on veut dire, l’art de les violenter et de les soumettre. Somme toute fonder une rhétorique, ou plutôt apprendre à chacun l’art de fonder sa propre rhétorique, est une œuvre de salut public.
 Cela sauve les seules, les rares personnes qu’il importe de sauver : celles qui ont la conscience et le souci et le dégoût des autres en eux-mêmes
Henri Michaux écrivait : « Qui cache son fou meurt sans voix. ». Francis Ponge répondait : « Qui ne baillonne son fou vit en pître ».
Le clown se trouve au carrefour de ces deux extrêmes…