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Lambert Wilson et l’autodérision du clown

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Lambert Wilson nous rappelle une vérité essentielle pour le clown ! : “Quand on accepte de se moquer de soi-même, tout devient possible”

EN RÉPONDANT AINSI, IL PERMET DE NE PAS OUBLIER L’UNE DES RAISONS ESSENTIELLES DE LA RE-NAISSANCE DU CLOWN DANS LES ÉCOLES DE THÉÂTRE !

En effet, si l’on en croit Jos Houben, comédien et formateur, le clown serait né à l’école Jacques Lecoq, tout simplement, parce qu’un de ses confrères, Pierre Byland, aurait surpris des pointes d’orgueil et de mépris dans les discussions de certains de ses élèves qui ne s’en rendaient même pas compte. Il décida alors d’acheter, au magasin de « farces et attrapes » le plus proche, des nez de clown, de tous les faire passer sur scène (avec le nez) afin de mettre en avant leur défaut caché :

« Alors, il paraît que tu as rencontré Peter Brook ? 

Et toi, tu a été pris chez Ariane Mnouchkine ? ».

C’est ainsi qu’il leur a permis de se rendre compte de ce défaut et d’en jouer !

« Jouer avec soi-même » plutôt que de « se moquer de soi-même » en quelque sorte. 

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Et effectivement, à ce moment-là tout devient possible !

Romain Yvos – sept 2020

Source :

Propos recueillis par Joëlle Gayot dans Télérama Publié le 20/03/2019.

Extrait de l’entretien :

Comment expliquez-vous l’éclectisme de votre jeu ?

Enfant, j’étais tragique et douloureux mais aussi très clown. Pourtant, je n’avais pas conscience de mon pouvoir comique. Il m’est venu par hasard, en jouant des scènes qui, sans que je l’aie voulu, amusaient le public. En 1995, j’ai participé à une comédie musicale à Londres et j’ai observé comment procèdent les acteurs anglais. Auprès d’eux, j’ai perdu mes inhibitions et pris du plaisir à une forme d’autodérision. A partir du moment où on accepte de se moquer de soi-même, tout devient possible.

Andy Kaufman - un clown pas comique qui ne racontait jamais de blague

Andy Kaufman, un clown pas comique

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Si l’on considère le clown comme une erreur de casting permanente, toujours là où on ne l’attend pas, imprévisible et déroutant, jouant avec toutes les émotions, les idées reçues et les attentes du spectateur, alors Andy Kaufman en est un parfait exemple.
Ce show-man américain n’a cessé de dérouter son public.
On ne peut pas dire qu’Andy Kaufman se « payait la tête des gens » mais plutôt qu’il jouait avec, et de préférence avec l’hémisphère gauche, créant ainsi un tel parasitage, que ce dernier ne pouvait suivre.
Cela pouvait déboucher sur un rire profond (le « rire des tripes  » pour reprendre une expression d’Andy Kaufman) ou sur une incompréhension totale
Il reste pour moi une des figures incontournables du clown.

Romain Yvos

Voir le film de Milos Forman : « Man on the moon » qui retrace la vie de l’acteur.

Interview New York Times :
« Je ne suis pas un comique, je ne raconte jamais de blagues… La promesse du comique, c’est d’arriver à vous faire rire de lui… Ma seule promesse, c’est d’essayer de divertir du mieux que je peux. Je sais manipuler les réactions des gens. Il y a différentes sortes de rire. Le rire des tripes, c’est quand vous n’avez pas le choix, vous êtes obligés de rire. Le rire des tripes ne vient pas de l’intellect, et c’est beaucoup plus difficile à pratiquer pour moi maintenant que je suis connu. Ils se disent : « Wow, Andy Kaufman, ce type est vraiment marrant », mais je n’essaie pas d’être drôle, je veux simplement jouer avec leur tête. »

Yat Malmgren - Self-retorik

C’est quoi la méthode Yat Malmgren ? Quel rapport avec le clown ?

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La méthode de Yat Malmgren est une méthode de tradition orale enseignée à Londres depuis plus de 50 ans. Elle a formé des acteurs prestigieux comme Sean Connery, Anthony Hopkins, Colin Firth, Pierce Brosnan, Michael Fassbender, Tom Hardy, etc., et s’est propagée à travers le monde entier suite à l’ouverture de nouveaux centres par les élèves de l’école comme le NIDA (National institute of Dramatic Art) en Australie.
En France, cette méthode est pratiquement inconnue. J’ai eu la chance de la pratiquer intensément de 2011 à 2013 en suivant les cours de Giles Foreman. Elle a pourtant l’avantage de relier des mouvements du corps à des psychologies de personnages. Rares sont les méthodes qui ont su si bien faire le lien entre le corps et le psychisme. C’est une méthode de création de personnages complète.
POUR LE CLOWN, CETTE MÉTHODE PERMET DE BÉNÉFICIER, AU MÊME TITRE QUE LES MUSICIENS, D’UN VÉRITABLE SOLFÈGE, ET DE CONNAÎTRE LES PARTITIONS QUI NOUS SONT FACILES À JOUER, MAIS AUSSI, BIEN D’AUTRES, MOINS FAMILIÈRES, VOIRE TOTALEMENT NOUVELLES.
ET LE CLOWN SE SITUE TRÈS SOUVENT DANS CES NOUVELLES ÉNERGIES À DÉCOUVRIR.
L’origine :
Yat Malmgren, lors d’un séjour au Brésil en 1945, étudia le Macumba, le Voodoo indigène. Bien que sceptique au départ quant à l’intérêt de la transe, il finit par y adhérer et fit une découverte importante qui influença sa carrière de danseur : il comprit qu’un rythme externe pouvait complètement changer la vie interne. En d’autres termes, certains mouvements associés à certains rythmes pouvaient influencer notre vie psychique et émotionnelle.
De retour à Londres, il rencontra Rudolph Laban. Les deux hommes s’entendirent très vite et commencèrent à élaborer la méthode. Par la suite, William Carpenter, psychologue, collabora avec Laban et apporta ses connaissances sur la psychanalyse jungienne comme la théorie des 4 types de personnalité. William Carpenter aida ainsi à la création du langage commun, reliant les facteurs de mouvement aux facteurs psychologiques. Il était convaincu que l’application de ces mouvements pouvait avoir des vertus thérapeutiques. Avant de mourir, Laban donna à Malmgren toutes ses notes, ce qui lui permit d’enrichir davantage la théorie pour les acteurs.
Enfin, Yat Malmgren rencontra Christopher Fettes. Ce dernier l’aida à fonder son premier studio. C’était à la base un studio de Danse classique. Et c’est là que Sean Connery travailla pendant un an pour développer Bond. Laurence Olivier fut fascinée par ce travail et invita Yat et Christopher au Royal Court Theatre puis au National Theatre. Mais certaines personnes conservatrices commencèrent à se sentir menacées et les renvoyèrent. Les deux tiers des élèves de l’académie partirent avec eux, notamment le jeune Anthony Hopkins. Christopher décida de donner à Yat sa propre école. Ils s’établirent dans une vieille église. C’est alors que Colin Firth, Michael Fassbender, Lambert Wilson sont arrivés et bien d’autres. Ce fut le début d’une des plus grandes écoles de jeu d’acteur anglais : Le Drama Center de Londres.
Romain Yvos.
J’ai appris cette méthode avec le successeur de Christopher Fettes, Giles Foreman.
Lambert Wilson nous parle de son expérience au Drama Center de Londres où il se sera formé pendant 3 ans : https://youtu.be/t66YSkReJrw

Le clown ou l’art de fonder sa propre rhétorique

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Si l’on comparait la conception de l’écriture de l’écrivain Francis Ponge à celle du clown contemporain, on y trouverait plein de similitudes… Voici le passage du poème « Rhétorique » de Francis Ponge qui a inspiré le titre de ma compagnie:
C’est alors qu’enseigner l’art de résister aux paroles devient utile, l’art de ne dire que ce que l’on veut dire, l’art de les violenter et de les soumettre. Somme toute fonder une rhétorique, ou plutôt apprendre à chacun l’art de fonder sa propre rhétorique, est une œuvre de salut public.
 Cela sauve les seules, les rares personnes qu’il importe de sauver : celles qui ont la conscience et le souci et le dégoût des autres en eux-mêmes
Henri Michaux écrivait : « Qui cache son fou meurt sans voix. ». Francis Ponge répondait : « Qui ne baillonne son fou vit en pître ».
Le clown se trouve au carrefour de ces deux extrêmes…